18 septembre 2026: De Kashiwazaki à Yuzawa, préfecture de Niigata (Trajet de 88 km)
(Je ne sais pas combien valent les lettres K, W, Y et Z au Scrabble Japonais. Avec nos 10 points les joueurs doivent faire des méchants scores.)
Belle journée ensoleillée avec quelques nuages en fond d’écran. 23c et vents de partout sauf du Sud.
Comme je l’annonçais hier, aujourd’hui j’ai tourné à l’Est, pour traverser l’ile d’Honshū et se rendre vers Tokyo. Ça veut dire aussi traverser les montagnes et le Japon est une chaîne de montagnes (et de volcans) qui sort de l’océan. Ce ne sera pas de tout repos.
J’y ai goûté aujourd’hui avec 88 km dont l’ascension totale est 1683 m. Toutes les montées étaient principalement à la fin. Je n’avais plus de jambe, mais de très belles vues.
19 septembre 2026: De Yuzawa à Numata, préfecture de Gunma, Japon (Trajet de 41 km)
Encore une belle journée pour le vélo, 23c et vent discret. Ensoleillée avec passages nuageux.
Après les montées d’hier, fallait s’attendre à des descentes. Il y en a eu et de longues. Difficile sur les freins. Seulement 41 km de parcours, mais 600 m d’ascension. Je suis définitivement en direction de Tokyo ou l’Est de Honshū.
Entre les montagnes et la nature, ce segment m’a réservé une grande surprise. Celle de nouveaux locaux super intéressants.
À un moment donné, arrêté pour observer les alentours, j’entends comme un gloussement. J’ai tout de suite cherché des dindons sauvages, réflexe d’un ancien résident de l’Estrie. Un beau macaque du Japon m’observait perché sur une clôture anti-éboulement.
Je lui ai demandé si je pouvais prendre une photo de lui en le regardant dans les yeux (J’ai su par la suite qu’il ne faut pas faire cela, ce type de singe considère ce geste comme une agression). Alors il a fait un autre gloussement plus fort et j’ai vu et surtout entendu ses amis arriver en trombe.
La formule de Buzz Lightyear: « Je suis venu en ami », n’a pas fonctionné. Ces charmants primates adorent voler les objets et surtout la nourriture des passants et si vous courez après eux, ils deviennent agressifs. Une simple griffure nécessite une visite à l’urgence pour la possibilité de transmission de maladies graves.
L’acide lactique étant remplacée par de l’adrénaline, j’ai vite déguerpi, après quelques clichés rapides.
Vous ne pouvez pas vous imaginer combien c’est saisissant de se retrouver devant une si belle bête, quasi humaine avec une fourrure très dense et un visage tout rouge. J’avoue ne pas avoir été très à mon aise.
Charles Tisseyre de l’émission Découverte avait présenté un segment sur la fasssssinante capacité de ce primate à survivre en hiver en se baignant dans les sources chaudes. C’est le primate, à part l’humain évidemment, qui vit le plus au nord de l’Équateur.
20 septembre 2026: De Numata à Kumagaya, préfecture de Saitama, Japon. (Trajet de 90 km)
Une journée marquée par les nuages bas et plusieurs périodes de pluie, 23c.
La distance parcourue est de 90 km avec un dénivelé cumulatif de 267 m. Un des plus facile parcours depuis le début de ce périple.
Pour les amateurs de statistiques : depuis mon départ de Wakkanai, le total de km est de 1,519 et les ascensions totalisent 11,165 m.
En 21 jours, ça représente une moyenne de 72,3 km/jour et de 531 m/jour.
Demain, congé forcé. Le typhon Dujuan s’approche de Tokyo avec de fortes pluies, orages électriques et vents violents pouvant atteindre 130 km/h. Possibilité de 400 mm de pluie en 24 heures. Je vais donc me garder une petite gêne.
Mardi, tout redeviendra calme.
En attendant, je vous transmets les photos du jour. Elles mettent en valeur, pour le peu que des photos puissent le rendre, la verdure de ce pays. On se dirait en végétation de climat humide de l’équateur. Ultra dense et d’un vert riche de laitue romaine et d’épinard.
Je n’ai pas vraiment besoin de commenter, juste apprécier. Sur 90 km, 65 sur une piste paradisiaque.
21 septembre 2026: À Kumagaya, préfecture ce Saitama.
Pendant que Tokyo est sous la menace d’une pluie et des vents intenses du typhon Dujuan, j’ai fait la grâce matinée ce matin, et mon vélo s’ennuyait à rien faire. Une journée de repos bien mérité après tous ces kilomètres depuis Wakkanai.
Ici, Kumagaya n’est pas à l’abri des éléments. L’intensité ne se compare pas, même si Il pleut sans arrêt.
Tout va changer ce soir. Demain, il fera beau.
Chantait Michel Fugain (selon la météo)
J’aimerais revenir un peu sur l’accueil que j’ai reçu de la part des japonais. J’avais entendu avant mon arrivée au Japon, que les résidents démontraient une certaine fatigue de voir ces tourismes qui envahissent leur quotidien pendant tout l’été.
Que ce soit sur la route, en hébergement, aux repas ou dans les places publiques, les gens sont courtois, curieux, patients et attentionnés à répondre à mes besoins. Cela en est même gênant tellement ils veulent me rendre la vie facile.
Il y a eu, dans un segment antérieur, ce voisin chez qui j’ai cogné à la porte pour demander d’utiliser son boyau d’arrosage afin de laver mon vélo. Non seulement il était très content de me le fournir, mais il a participé au lavage.
Il y a cet hôtel, il y a trois jours, où tout le personnel d’accueil, impressionné par mon aventure, m’a demandé de leur décrire toutes les étapes de mon périple et mes impressions de leur pays. Heureusement, d’autres clients sont finalement entrés.
Hier, j’ai eu une autre crevaison. Encore une fois, je suis allé cogner à la porte de la maison la plus près avec abri pour la pluie. Un monsieur de mon âge s’est tout de suite empressé de m’installer dans son garage me présentant tous les outils mis à ma disposition.
J’ai eu beau lui expliquer que j’avais tout avec moi, que je voulais simplement travailler au sec, on a tout fait les réparations ensemble. Avec un bon « donne m’en cinq » bien frappé quand tout fut terminé. Il a tenu à me payer le café.
On ne se verra plus du tout de toute nos vies, mais je garde un beau souvenir d’Ichio. Lui, il va encore avoir des problèmes avec la prononciation de Réjean.
En hébergement, les discussions sur le lieu de rangement de mon vélo accrochent souvent. Je fini toujours par les convaincre qu’il doit dormir dans ma chambre ou dans un local sécurisé. S’ils sont résistants, je leur dis que c’est mon fidèle chien Akita.
J’adore ces gens, j’adore ce pays.
22 septembre 2026: De Kumagaya à Hachioji, préfecture de Tokyo (Trajet de 78 km)
Le calme après la tempête. Oui, après le passage hier du typhon Dujuan, le soleil a repris sa place dans un ciel bleu et une chaleur de 28c. Un vent de dos était omniprésent, atteignant parfois une vélocité de 30 km/h.
Tel que prévu dans mes plans initiaux, je ne passerai pas au centre de la ville de Tokyo. Je ne suis pas admiratif de béton, de verre, de trafic et de lumières. Ça me donne le tournis. Ajoutez le louvoiement entre les voitures et les piétons, qui font qu’on observe plus rien.
Je reste en périphérie et j’arrête en banlieue, soit Hachioji (qui n’est pas si différente de Tokyo).
Distance parcourue 78 km sur un dénivelé positif de 380 m.
Les pistes cyclables du Japon
Au cours des derniers jours, dans la partie Est de l’île de Honshū, les pistes cyclables sont incroyablement belles. Non seulement, comme vous le verrez en photo, la piste elle-même, mais le décor qui lui sert d’écrin.
Tous les gens de l’univers du vélo québécois devraient venir voir l’exemple de cette partie du Japon. Même les pistes dans les grands centres urbains sont exemplaires.
Le paradoxe des poubelles Canada/Japon
Prenons l’exemple de Montréal. La ville est parsemée de poubelles pour recevoir les déchets des passants et sans compter tous les sacs, conteneurs et bacs sur les trottoirs les journées de collecte des déchets. Tout ça déborde, les sacs crèvent, les bacs se renversent au gré du vent et j’en passe.
Ici, je prends une seconde pour vous rappeler le récent dévolu des déchets du Parc La Fontaine.
Dans l’agglomération de Tokyo, dont la grande ville contient la population du Canada au complet, il n’y a pas de déchets (c’est propre, propre) parce qu’il n’y a pas de poubelle.
Étrange paradoxe n’est-ce pas?
23 septembre 2026: De Hachioji à Odawara, préfecture de Kanagawa, Japon.
Une autre journée de pluie. Il a plu averse toute la journée donnant un fond de paysage tout en gris à 21c.
Le réseau cyclable était tout aussi beau, mais 80% en milieu urbain dont une grande partie en zone industrielle. La pluie aidant, ce ne fut pas la plus belle randonnée de mon aventure. Il était même impossible de distinguer la silhouette du Mont Fuji pourtant visible par beau temps.
Ce n’est que partie remise, demain il fera soleil. Il semble s’inscrire une alternance pluie/soleil qui ne fait pas de gagnant entre les deux. J’avais été averti que c’est comme ça le Japon.
24 septembre 2026:De Odawara à Numazu, préfecture de Shizuoka, Japon.
Enfin, il fait beau. Beau soleil, chaleur de 28c. Belle journée de vélo.
Comme avant hier, je reviens dans un réseau cyclable en bordure de petits hameaux, des champs et de la verdure pour le premier tiers.
Le deuxième tiers passe dans un parc très valonneux et paradisiaque. J’y fais des ascensions totalisant 500 m.
Finalement, j’oscille dans de petites rues et routes urbaines descendant jusqu’à mon hôtel.
Disons que le début du troisième tiers se devait d’être en vue du mythique Mont Fuji.
Mais, malgré un ciel bleu et peu de nuages, Fujiyama (nom en japonais) avait la tête dans les nuages. Plus je descendais vers Numazu, plus le Mont Echizen formait écran cachant ainsi sa vue
