Vélo Solo Japon – Semaine 5
Voici quelques nouvelles de Réjean Moreau, qui est parti faire une grande randonnée de vélo au Japon.

2 octobre 2026: De Kyoto à Nara, préfecture du même nom, Japon (Trajet de 66.5 km)

Troisième belle journée de suite à 24c, ensoleillée et vent de 10 à 15 km/h dans le dos.
 
La distance parcourue est de 66,5 km et les montées totales sont de 234 m.
 
Rien pour écrire à sa mère jusqu’ici. Mais, même si le décor était, somme toute, moyen, la piste cyclable était exemplaire. Sur le total des kilomètres, 35 passaient sur des petites routes exclusives aux vélos.
 
Sur Google Maps au Québec, lorsqu’on fait une recherche de route idéale pour aller d’un point « A » à un point « B », les options sont presque toujours offertes pour l’auto, les transports en commun, en vélo et à pied.
 
Au Japon, Google Maps ne montre pas l’option vélo. Pourtant, le réseau cyclable est, sans exagération, trois fois plus développé. C’est pour cela que j’utilise l’application Ride With GPS qui retrouve toutes ces petits trésors cachés. Des fois, il faut être honnête, même des trésors enfouis depuis tellement longtemps, qu’ils mènent nulle part.
 
3 octobre 2026: Visite de Nara, préfecture du même nom, Japon.
 
Aujourd’hui, journée ensoleillée mur à mur, j’entreprends de visiter la ville de Nara. Comme vous le savez, je ne parle pas japonais et encore moins le lire. Mais, j’ai eu la chance d’être contacté, par l’entremise de l’article de LA PRESSE, par un résident d’Osaka, un québécois qui y vit depuis vingt ans, Jean-Yves Terreault. Il connaît très bien la ville de Nara et son histoire. Nous l’avons ensemble arpenter en vélo et il m’a fait découvrir beaucoup de points d’intérêt de ce magnifique site historique.
 
Je vais tenter de les commenter, très sommairement, dans les légendes des photos. Il y avait beaucoup à retenir, surtout les noms des sites et des personnages mythologiques de la religion boudhistes, les différents courants spirituels de cette dernière et ce qui les distingue dans leurs sanctuaires et temples.
 
Ce fut vraiment intéressant de se faire raconter et de donner un peu de sens à tout ce que j’ai vu durant mon périple. Je ne vous raconterai pas tout, j’en aurais pour 58 pages.
 
Les sites qu’on a le plus visité :
– Todai-ji (bouddhiste) et son grand Bouddha en bronze
– Kasuga-taisha (shintoïste), l’origine des cerfs de Nara
– Nara-machi, les petites rues traditionnelles
– Okonomiyaki, genre de crêpe salée traditionnelle pour le dîner
– Yokan, la pâte de fève qu’on m’a donné (style-genre barre énergie)
– Toshodai-ji (bouddhiste), le dernier temple visité
 
4 octobre 2026: De Nara à Kobe, préfecture de Hyōgo, Japon.
 
Il pleut encore avec un thermomètre à 20c. Il va pleuvoir toute la journée et les nuages seront très bas, cachant la silhouette des montagnes en fond d’image des villes.
 
Distance, malgré tout, parcourue, 78 km, combinée à des ascensions de 540 m. La piste est presque entièrement urbaine et industrielle à l’exception de quelques trouvailles.
 
J’apprends par des sources bien informées que Tokyo a enregistré un record historique de 35 jours de pluie consécutifs. Et ce, depuis 1886.
 
Certains remarquaient les ciels gris de mes photos dans mon approche et mon passage dans la région de Tokyo. Cette information donc, ne doit pas vous surprendre.
Faute de mieux, parlons statistiques : depuis le début à Wakkanai, 2,368 km ont été franchis et 15,119 m ont été gravis. Donc, j’en suis à 72% du parcours réalisé.
 
Je n’ai pas reçu la mise à jour des dons à cette date, mais, au dernier rapport nous en étions à 25% de l’objectif de 10,000$. Je suis très confiant que l’arrivée à Nagasaki sera déterminante pour la hauteur finale de ces dons.
 
Ne lâchons pas! Nous sommes dans le dernier tiers.
 
5 octobre 2026: À Kobe, préfecture de Hyõgo, Japon.
 
J’ai pris cette photo de la ville de Kobe ce matin. C’est le même cadre qu’hier mais celle-ci au soleil levant.
 
Je trouve toujours étonnant que, dans le chaos de l’univers, quand j’ouvre les yeux en me réveillant, la vie me fait un cadeau d’une autre journée. Un miracle quotidien dont je me dois de profiter.
 
Aujourd’hui, je réserve plus spécifiquement une pensée à toutes ces personnes en fin de vie que l’équipe de la Source Bleue accompagne tous les jours depuis quinze ans. Je souhaite que quand elles ont fermé le yeux pour la dernière fois, elles vivaient le sentiment que la vie était maintenant, pleinement, dans la dignité, dans le confort et dans la chaleur de leurs proches.
 
Il faut pérenniser cette mission à laquelle toute l’équipe de la Source Bleue adhère, et continuer à donner la chance à toute personne en fin de vie, quelque soit son statut, ses moyens financiers, de mourir dans la dignité.
 
Faites un don pour les soutenir.
 
Devinez. Il pleut encore pendant tout le trajet. Il fait toutefois doux sous un 21c.
70 km parcourus en grande partie au bord du Pacific sur de belles pistes cyclables dont le total de montées est de 323 m.
Je tiens à vous rassurer. La sempiternelle pluie n’a pas réussit à altérer ni mon moral, ni ma motivation. Aucun problème « Moreau ».
 
Observation sur la culture japonaise
J’aime bien la façon avec laquelle les japonais conçoivent leurs douches. Ce n’est pas un cubicule à l’intérieur d’une pièce (chambre de bain) fermé par un rideau ou une porte de douche. Ici, c’est toute la pièce qui devient la douche.
 
Pourquoi je vous dis cela ? J’ai trouvé ça bien pratique, après une journée de pluie où mon vélo était tout sale de boue et de sable.
 
Ne divulguez jamais ça à personne, mais j’ai lavé mon vélo dans la douche.
 
6 octobre 2026: De Himeji à Ako, préfecture de Hyõgo, Japon.
 
Belle journée ensoleillée en perspective, un peu de nuages et de vent de l’Ouest (de face) et 21c. C’est du bon temps pour le vélo.
 
La journée s’est tout de même traduite par un maigre 42,3 km et un 148 m de montées parce que j’ai fait trois activités avant d’entreprendre le parcours.
 
La première activité était de faire inspecter mes freins avant de continuer le reste du périple. L’incident de Nagoya, concernant l’usure rapide des freins en période de pluie et de descentes prononcées, ne m’ont pas rassuré et je voulais en avoir le cœur net. Diagnostic du spécialiste : je peux finir mon voyage sans crainte.
 
La deuxième activité fut de visiter le jardin de Koko-En. Inauguré en avril 1992 à l’occasion des 100 ans de la ville. Koko-en a été imaginé pour s’harmoniser parfaitement avec le Château de Himeji que l’on voit en arrière plan. Deux mots pour résumer l’expérience : pure merveille. Ce seront mes premières photos.
 
La troisième activité fut de monter au fameux Château de Himeji que je voyais de ma chambre. Il est aussi connu sous le nom de Château du Héron Blanc en raison de ses murs de plâtre blanc. Construit en 1601, il n’a jamais été assiégé, ni détruit ou brûlé, donc contrairement à plusieurs bâtiments que nous avons vus à Nara ou ailleurs, c’est l’original.
J’avoue avoir été un peu confus avec les termes utilisés pour désigner ce bâtiment. Le mot que l’on entend souvent est « donjon » alors que pour moi, ce mot désignait une prison. Voici la vrai signification : un donjon c’est la tour principale et la plus haute située dans l’enceinte d’un château japonais.
Par la suite, je me suis lancé vers la mer et Ako.
 
7 octobre 2026: De Ako à Kurashiki, préfecture d’Okayama, Japon.
 
Une autre belle journée ensoleillée sur un circuit à l’intérieur des terres. Beaucoup de passage dans milieux urbains et leur banlieues. Au total une production de 74,83 km sur des montées de 422 m.
Kurashiki suit immédiatement la ville de Okayama. Ce qui fait que les 30 derniers kilomètres se font en milieu urbain. Je vous fait grâce des photos de ville ne conservant que celles du bord de la mer et dans la nature.
 
8 octobre 2026: De Kurashiki à Mihara, préfecture d’Hiroshima, Japon.
 
Superbe journée ensoleillée pour une promenade en velo. 19c au thermomètre et un p’tit vent Nord-Est de 10 km/h.
Un parcours de 81 km avec des montées totalisant 279 m. Tout en milieu urbain dont une partie en bord de mer.
 
En passant, au Japon il y a, entre autres, deux chaînes de dépanneurs qui ont fait les manchettes au Québec. Le fameux 7 Eleven, que Alimentation Couche-Tard tentait récemment d’acquérir, et la chaîne LAWSON qui s’affiche avec le logo de Pot au lait de l’ancien Perrette (pour les moins jeunes).
 
Un Monsieur Alain Bouchard, employé de Perrette, achète en 1994 l’entreprise et la convertit progressivement en Couche-Tard. L’idée du pot au lait était venue d’une chaîne américaine, LAWSON, dont l’origine est d’une laiterie de l’Ohio. Le nom adopté au Québec provient de la fable de La Fontaine « Perrette et le pot au lait ».
 
Je vous raconte tout ça, parce que en voyant ce fameux logo du Pot au lait, bleu ciel, j’ai eu comme un élan de nostalgie de ces 86 dépanneurs que nous avions chacun près de chez-nous et qui ont marqué mon enfance.
 
Mais surtout, les relations entre les deux bannières au Japon, liées par un homme d’affaires remarquable du Québec.

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